Avant d’être maman j’avais peur de ne jamais l’être.

Enceinte, j’avais peur de ne pas savoir aimer ce bébé que j’allais mettre au monde. Je suis plutôt du genre handicapée-des-sentiments-qui-se-soigne, donc je me demandais si ce problème n’allait pas resurgir avec l’arrivée de cet énorme chamboulement : un bébé. 

Aujourd’hui je me pose la question contraire : Peut-on trop aimer ses enfants ?
J’avoue, ça semble plutôt bête comme question, et je ne me la suis posée que très récemment. 

Je m’explique :
Je qualifie ma fille de « bébé-glue », d’arapède,… mais soyons honnêtes : j’adore clairement ça et j’avoue, j’y contribue !
– Lorsqu’elle est fatiguée je l’endors régulièrement aux bras. Et si je n’ai rien d’urgent à faire je la garde sur moi. Ça me plait, m’apaise,… C’est juste du bonheur.
– Lorsqu’elle joue j’ai envie de me coucher sur le tapis avec elle, d’ailleurs je le fais.
– Lorsqu’elle mange j’adore lui donner son biberon et j’avoue que lorsque les proches demandent à le lui donner ça me pince le cœur. Je suis contente que d’autres le lui donne car je vois qu’ils aiment s’en occuper, passer du temps avec elle, parce que ça leur fait plaisir simplement. Mais ça me pince quand même le cœur. 
– Lorsque je la fais rire je suis super-méga-fière parce qu’il n’y a que son papa et moi qui savons la faire rire.
– Lorsque je dois aller me laver, j’attend qu’elle dorme : pourtant son père est là pour s’en occuper mais je ne sais pas, je ne réfléchi pas. 
– Lorsque j’aurai du reprendre le travail en mars, je ne dormais plus la nuit. Pourtant elle n’aurait pas été à la crèche ou avec un inconnu mais avec mon chéri. Mais le fait d’être loin d’elle me crevait le cœur. Finalement j’ai pu prendre mon congés parental et je suis plus qu’heureuse d’avoir eu cette chance.
– Lorsque je songe à septembre où elle va rentrer à la crèche mon petit cœur se serre. Je me dis qu’à 8 mois j’aurai des milliards d’idées d’activités que j’aimerai faire avec elle, que c’est la période de la peur des inconnus et qu’elle aura plus besoin de moi,… Je me trouve des dizaines de raisons de ne pas la laisser. Pourtant je sais que ça lui fera du bien, que c’est positif,… et de toute façon il n’y a pas le choix : elle ira.
Bref vous avez compris le principe.

Les gens me disent souvent que je suis la seule à savoir la calmer, l’endormir,… Mais non ! Son papa y arrive aussi très bien, seulement je ne lui en laisse que très rarement l’occasion… Parce que l’arapède c’est moi en fait. 

Les mamies me demandent régulièrement « Tu me la laisses quand à garder ? ». Ah cette question… Je ne suis pas contre le fait de la faire garder. J’ai une confiance totale en ses mamies qui ont chacune eu 3 bébés, l’une des deux à même travaillé en crèche pendant longtemps. Ce n’est pas une question de confiance, loin de là. Cependant je suis disponible pour ma fille alors je ne vois pas pourquoi je la ferais garder. Elles voient toutes les deux la petite régulièrement, je ne les prive pas de la voir. Mais la faire garder juste pour la faire garder, non là je ne peux pas.

Lorsque je songe à un second bébé (et j’y pense, j’en ai envie !), je ne pense pas au côté matériel et financier qui nous contraint de toute façon à patienter. Je pense d’abord au fait que j’ai envie de profiter d’elle, de la voir grandir, de m’occuper d’elle à fond et que je ne veux rien rater. Je songe aussi que si je devais encore passer ma grossesse couchée je ne pourrais pas m’occuper d’elle comme il le faut. 
Et je pense, il faut l’avouer, que je l’aime tellement que je ne sais pas si je peux aimer un second bébé de la même façon. Je sais pourtant que les sentiments ne sont pas quantifiables et ne se partagent pas comme un gâteau (ouh la gourmande). Mais j’y pense c’est plus fort que moi.

Et c’est là que je me rends compte que j’exagère peut être « un peu » et que je me demande si c’est bon pour elle tout ça…
Je me demande si je ne la couve déjà pas trop, si je ne vais pas en faire une enfant trop dépendante de moi. 
Quand je pense à nous (elle et moi) je revois mes cours de psycho : la fusion mère-bébé. Et je me dis que ça devrait s’estomper. Je n’en ai pas envie. Mais pour elle, peut-être le faut-il ? Oui c’est sûr qu’il le faut, cependant je ne m’en sens pas encore capable… Je ne saurai pas faire autrement de toute façon.
J’aimerai qu’elle soit autonome, qu’elle ne soit pas peureuse ni timide,… Et je ne suis pas sûre de prendre la bonne voie pour cela.
Certes, elle n’a que 5 mois. Mais je suis pas sûre de pouvoir changer pour le moment…