Depuis que j’ai quitté mon travail dans la vente, je revis. Mais tout n’est pas rose… Passer ses journées à la maison pourrait sembler reposant, pour ceux qui n’ont pas d’enfant !

Tout d’abord, il y a l’incertitude des contrats d’assistante maternelle qui est assez difficile à gérer. Mais il va simplement falloir s’y faire.

Le plus difficile pour moi reste le regard des autres. Dans les yeux et le discours de certaines personnes, je ne suis qu’une feignasse qui passe ses journées à ne rien faire à la maison.

Si j’ose dire que je suis fatiguée on me rétorque simplement :

« Oh ça va, tu t’es reposée aujourd’hui ! »

Bin non, quand je suis disponible 24h/24 pour ma fille et entre 6 et 13h par jour pour l’enfant d’un autre je ne me repose pas. Quand j’apprécie de pouvoir prendre un café sans qu’on vienne me demander de la pâte à modeler, devoir changer une couche, donner un biberon ou simplement prendre aux bras un bébé c’est que je n’ai pas vraiment le temps de me reposer.

Quand je me lève au minimum une fois par nuit je n’arrive pas à me reposer non plus. Lorsque je me réveille dès qu’elle cherche sa sucette, tousse, bouge trop fort ou parle, je n’ai pas ce qu’on peut appeler un sommeil réparateur. Et ça tous les jours depuis 2 ans, alors j’ai le droit d’être fatiguée.

Les matins où je me lève à l’aube sans avoir eu la chance de me réveiller par moi même ou de prendre le temps d’émerger ça ne m’aide pas non plus, surtout quand la nuit a été hachurée…

Et quand je dois faire à manger, le ménage, les courses le tout avec ma fille (au minimum) qui veut faire comme moi, toucher à tout, venir aux bras,… ce n’est pas simple et tout prend deux fois plus de temps et d’énergie.

Dans une journée il y a tellement de drames pour une petite fille de 2 ans qu’il faut gérer, ça semble bête hein ? Allez dire ça à ma fille lorsque je ne veux pas qu’elle mange une énième galette ou « un bout » de viande crue, quand elle est fatiguée mais ne veut pas dormir, quand elle tient absolument à mettre ses petites sandales lorsqu’il fait 5 degrés dehors, quand il faut ab-so-lu-ment déshabiller sa poupée alors que je fais la vaisselle,…

Mamaaaaaan !

Et sans parler des drames, il reste les maux de ventre, de dents, le nez qui coule, la couche sale qu’il faut « viiiite » changer, la faim plus grande que la patience, l’envie de faire de la peinture/pâte à modeler ou d’aller au parc qui surpasse de très loin l’envie de ranger d’abord les duplo éparpillés pour la troisième fois dans le salon…

Quand je confie ma fille une journée, que j’en profite pour faire le grand ménage et que je prend une petite heure pour moi, je n’estime pas me reposer du tout.

Lorsque je suis sur le canapé, ma fille en train de pleurer sur moi parce qu’elle a mal, je ne suis pas en train de me reposer devant la télé, non. Je suis simplement vidée en énergie et mon cœur est serré de voir ma fille souffrir sans que je ne puisse l’aider. Je ne me repose pas, j’aurai besoin du même soutien moral que ma fille à ce moment-là.

Pire, j’estime même être en droit de demander un peu d’aide parfois, même si je ne vais pas travailler à proprement parler. Parce que oui, je suis fatiguée, physiquement et moralement.

T’as vraiment pas de quoi te plaindre !

Alors attention, je ne veux pas me plaindre de ma situation, je l’ai choisi et j’en suis très contente. Rester auprès de ma fille et quitter la vente me fait un bien fou. Changer de voie, me lancer dans de nouveaux projets, faire ce que j’aime,… c’est ce qu’il me fallait. Le seul point noir reste que je suis encore moins considérée, dénigrée même. J’ai juste un peu trop souvent l’impression d’être en bas de la pyramide, celle qui ne sert à rien, qui est juste bonne à ranger et nettoyer puisqu’elle n’a que ça à faire à la maison.

Et il fallait que ça sorte. #blogthérapie