En élevant ma fille selon nos principes, je me rends compte que nos choix sont jugés et critiqués régulièrement.

J’en ai parlé plusieurs fois ici déjà. Si j’ose dire que je suis contre les violences éducatives ordinaires on me demande si le papa est d’accord avec ça et on me met en garde contre une future enfant capricieuse et qui nous manquera de respect… Si si !

Les écrans déconseillés avant 3 ans, je note et j’applique. Bien sûr que comme tout le monde, lorsque j’en peux plus de fatigue physique ou morale et/ou que mademoiselle pleure beaucoup (malade, mal de dents,…) je m’assois sur le canapé avec elle la télé allumée et m’offre quelques minutes de repos.

Mais lorsque je dis non, elle ne connait ni le dessin animé la maison de Mickey ni celui de Pegga Pig a 15 mois alors qu’elle aime bien lire en revanche, j’ai entendu plusieurs fois :

Tu ne veux pas en faire une intello quand même ?

Alors non, rassurez-vous (ou pas), je ne veux pas faire quoique ce soit de ma fille. Je veux qu’elle soit elle-même et le lui permettre en lui offrant la possibilité de grandir et se construire du mieux possible et avec le moins d’entrave possible.

Si la télé est déconseillée, je ne la met pas devant. Pourquoi chercher plus loin ? (pourquoi la télé est déconseillée avant 3 ans ?)

En revanche la musique et les livres la rendent joyeuse : il faut voir comme elle rit quand on danse et quand les intonations changent lors d’une histoire ! Elle aime « lire », elle s’assoit dans son petit fauteuil, prend ses livres et les feuillette en silence, c’est beau à voir. Parfois elle nous les amène pour qu’on les lui raconte et prend un réel plaisir à nous écouter. La musique développe son plaisir de partager (on danse ensemble), sa motricité, son sens musical, etc. Les livres développent quand à eux sa curiosité, son goût de la lecture, son vocabulaire, etc.

Certes, si on allume la télé elle aime aussi : elle s’assoit devant et regarde avec plaisir. Elle rit si ça rigole, elle montre le chat de la publicité avec enthousiasme… Mais nous éteignons la télé lorsqu’elle la regarde car elle est ailleurs : zéro interaction possible, elle est littéralement absorbée.

Elle apprend à signer, mais elle n’est pas muette !

Non ma fille n’est pas muette, loin de là ! Mais si apprendre à signer peut lui permettre d’exprimer des choses qu’elle ne sait pas dire, ça lui permet aussi (et à moi en même temps) d’apprendre à communiquer autrement et à s’ouvrir aux autres. J’aimerai beaucoup apprendre à signer (réellement, pas seulement les mots que j’apprend pour ma fille) car je trouve que c’est un frein et j’ai honte de ne pas comprendre et  ne pas savoir m’exprimer avec mes rares clients sourds-muets, honte de les renvoyer à leur handicap en ne sachant communiquer avec eux. Donc pour son bien à elle, pour notre complicité, pour son avenir justement en espérant la sensibiliser, je lui apprend quelques signes. Mais pas pour qu’elle soit la meilleure, non !

Tu as déjà acheté un pot ? C’est trop tôt !

Oui, c’est peut être trop tôt. Mais elle me signifie vaguement et de plus en plus souvent que sa couche est sale. Elle vient avec moi aux toilettes aussi et j’ai envie de mettre à contribution la mort de mon intimité pour la mettre sur son pot. Non je fais pas ça pour qu’elle soit propre avant les autres, je fais ça pour qu’elle soit propre lorsqu’elle en sera capable et pas lorsqu’on en aura besoin (rentrée scolaire).

Je ne souhaite pas qu’elle soit la meilleure.

Être la meilleure implique beaucoup trop de contraintes : être triste de ne pas l’être de temps de temps, avoir peur de ne plus l’être, ne pas savoir prendre plaisir à faire les choses car il faut qu’elles soient parfaites, avoir peur de décevoir sans cesse, être effrayé par l’échec…

Donc je ne souhaite vraiment pas qu’elle soit la meilleure, je souhaite qu’elle fasse les choses avec plaisir et du mieux qu’elle peut, qu’elle veut. Apprendre et grandir doivent être source de plaisir et non d’angoisses et de frustrations.

Je souhaite de tout cœur qu’elle sache apprécier ce qu’elle fait, ce qu’elle accompli, qu’elle soit fière de ses réussites et qu’elle se relève plus forte de ses échecs, qu’elle sache puiser au mieux dans ses capacités.

Je ne veux pas qu’elle soit la meilleure, mais le meilleur d’elle même.