Il me reste trois mois avant de câliner mes deux filles en même temps. Pourtant je remet déjà en question ma façon de gérer ce chamboulement. Souvent les enfants se plaignent de la différence qui est faite entre eux. Aujourd’hui, je prends conscience que je ne vois pas trop comment l’éviter…

Ne pas faire de différence avec deux enfants, est ce possible ?

Je pose la question là, mais je sais déjà que non.

Ma grande, je l’avais aux bras non-stop, elle s’endormait sur moi, je ne la donnais que très peu et la reprenais dès qu’elle montrait le moindre signe d’inconfort. J’aurai bien du mal à faire la même chose avec sa sœur tout en m’occupant d’elle…

Elle n’est pas encore là que déjà je sais que je serai différente. Je serai peut être meilleure : je n’ai pas trop laissé de place au papa les premiers temps, j’espère ne pas reproduire cette erreur. Ou alors moins bonne : je manquerai de patience, forcément… Dans tous les cas, je serai différente, c’est obligé.

D’ailleurs, rien qu’en comparant les grossesses, il y a déjà une différence. J’apprécie moins bien celle-ci : lors que je reçois des coups alors que je rêve de me reposer. Forcément, c’est vraiment différent de quand je faisais rien en étant alitée et profitais de chaque interaction. Et si j’ai tout aussi hâte de rencontrer ma seconde, je ne peux pas m’empêcher de penser à la réaction de ma grande !

Je sais aussi que je ne les aimerai pas de la même façon, que nos relations seront différentes. C’est comme ça, c’est logique. Elles auront chacune leur caractère, leur histoire, etc. Je ne dis pas que j’aimerai l’une plus ou moins que l’autre, mais je sais que ce ne sera pas pareil. Je le vois avec mes frères : je les aime différemment, pas plus ni moins mais d’une façon différente.

Pour l’instant, je le prends plutôt bien. Mais je sais aussi que je vais culpabiliser souvent, malgré toute la bonne volonté du monde, il y aura des différences.

Alors on fera de notre mieux et on va prier pour qu’elles n’aient pas trop de choses à nous reprocher à l’adolescence !