monstre qui a peur (monstres et compagnie)

J’adore acheter des livres à ma fille. D’ailleurs il serait grand temps que j’aille m’inscrire à la médiathèque à 3 minutes à pied de la maison pour arrêter d’en acheter tout le temps… Il y a peu, on se promenait dans les magasins et j’ai trouvé un livre sympa : Cap ou pas cap ? de Nicole Maubert. L’idée est sympa : proposer à l’enfant de dompter sa peur en touchant une araignée, chatouillant un monstre, faisant un bisou à la sorcière,…

En lui racontant, je n’ai pas osé dire « cap ou pas cap ? » car elle n’a que 20 mois et je n’étais pas sûre qu’elle comprenne. Du coup, sans réfléchir j’ai fait une erreur et j’ai dit tout au long du livre « as-tu peur de..?« .

Et voilà que dès le coucher le « j’ai peur » a commencé… 

De quoi as tu peur ? Du chien ! (qui aboie dans l’immeuble) Du bébé ! (sa poupée) Du chat ! (celui-là même qu’elle course d’habitude) Du coussin ! (qu’elle réclame pour dormir) De l’eau ! (qui est tombée par terre…),…

Bref, je lui ai appris à exprimer sa peur sans vraiment le vouloir. Si au début elle avait « peur » de tout, je pense qu’elle voulait tester le concept afin de comprendre ce qu’était vraiment avoir peur.

Si j’avais le réflexe de répondre « Mais non tu n’as pas peur de ta poupée ! » dans les premiers temps, j’ai réfléchi et me suis rappelée qu’elle découvre le monde et le vocabulaire. Je ne lui dis plus qu’elle n’a pas peur mais lui demande de quoi elle a peur puis lui explique qu’elle n’a rien à craindre ou que j’ai peur moi aussi si c’est le cas.

Aujourd’hui elle a peur lorsqu’elle est surprise, qu’elle sent que j’ai moi-même peur d’un danger ou qu’elle n’est pas sûre d’arriver à monter/descendre d’un endroit… et quelques fois quand elle n’a pas envie de faire quelque chose !

Et avec son vocabulaire qui s’enrichit, on discute aussi : elle me demande parfois si j’ai peur sans préciser de quoi. Alors je lui dis les choses qui m’inquiètent (en faisant attention à ne pas lui donner de nouvelles peurs cette fois !) et elle m’écoute comme si je lui révélait le plus grand des secrets.

Bouh ! (monstres et compagnie)

Et comme m’a dit un de mes petits frères, maintenant il faut lui apprendre à dire « je suis contente ». Et je trouve qu’il a carrément raison !