C’est difficile mais c’est instinctif chez moi : je suis une vraie louve.

Si je suis là, je ne laisse personne s’occuper de ma fille. En forme, malade, fatiguée ou occupée je me débrouille, je m’en occupe.

Pourtant je ne serai pas contre souffler un peu parfois, je suis la première à me plaindre de tout gérer mais je ne lui laisse rien gérer. Je le sais et essaie de faire mieux. Mais c’est difficile : je ne pense pas à réfléchir, j’agis simplement comme si j’étais seule.

Ces neuf mois pendant lesquels il était souvent en déplacement n’ont fait que me renforcer dans mes travers en m’apprenant à me débrouiller seule et vivre à deux : elle et moi. On a pris des habitudes qui sont bonnes à deux, mais pas à trois.

Je sais qu’il en souffre et que je les empêche de vivre leur relation de père-fille. Et forcément je m’en veux parce que je ne veux de cela ni pour elle, ni pour lui, ni pour moi et encore moins pour nous.

Je suis partagée entre la peur de le déranger, de le voir s’en occuper parce qu’il s’en sent obligé et l’envie de le laisser profiter de ces instants magiques avec elle.

Mais ce n’est pas tout. Il faut bien l’avouer : je ne sais pas laisser faire. Je sais qu’il fait bien même si il fait différemment. Je sais qu’il n’est pas parfait avec elle mais ni plus ni moins que moi.

Il faut que je lui laisse sa place et que je trouve la mienne aussi en dehors d’elle.

Le chemin est encore long.