Le retour au travail me confronte à beaucoup de parents excédés : ces parents là qui amènent leur(s) enfant(s) de tout âge faire les magasins et ces enfants là qui sont si fatigués et donc si fatigants. Attention, je ne dis pas qu’il est intolérable d’amener son enfant dans un magasin, loin de là ! Je vous explique seulement les circonstances dans lesquelles je vois ces parents et ces enfants dont je vais vous parler. Je parle ici de violences physiques et verbales, celles qui font mal et/ou qui font peur, qui blessent le corps et/ou l’âme.

Je ne critique pas ces parents, dont il m’arrive de faire partie, qui font du mieux qu’ils peuvent et qui font selon leur point de vue de parent, avec leur fatigue, leur stress et la peur de passer pour de mauvais parents. Mais cette façon de menacer, de crier et de frapper me fend le cœur tous les jours. Oui je suis peut être un peu trop sensible, je sais.

  • Cette enfant qui pleure pour qu’on le porte à qui la mère répond « Tu es insupportable ! Je te préviens, si je te prends aux bras tu es punie une fois rentrés à la maison, tu as bien compris ? » hochement de tête de la petite fille, « tu es sûre de vouloir être aux bras ? » hochement de tête de la petite fille. Voilà une petite fille qu’on va punir parce qu’elle est fatiguée de faire les magasins avec ses parents. Peut être a-t-elle pleuré pour venir plutôt que de rester avec sa mamie, peut-être a-t-elle refusé de dormir avant de venir ? Mais peut-être qu’elle voulait simplement rester avec ses parents qui travaillent la semaine et ne savait pas qu’elle serait si fatiguée (et fatigante).
  • Cet enfant qui s’ennuie, bouge beaucoup, court un peu partout et fait tomber par inadvertance un élément de publicité du rayon. La mère qui s’est sûrement sentie honteuse que sa fille soit si agitée et fasse « des bêtises » lui hurle « Mais tu fais n’importe quoi ! Regarde la dame elle va crier ! Tu es vilaine« . La petite fille est partie en pleurant, apeurée parce qu’elle a eu peur en faisant tomber l’élément en carton et a eu encore plus peur quand sa mère lui a dit que j’allais être en colère. J’ai dit à la mère que ce n’était pas grave, que ce n’était qu’un bout de carton que j’allais vite remettre et que sa fille par contre avait eu peur. Elle s’est aussitôt détendue et a été plus calme, seulement la petite fille a pleuré encore quelques minutes et moi j’ai eu le ventre noué d’avoir fait si peur à un petite fille.
  • Ces gifles qui tombent lorsque les enfants font une bêtise pourtant pas si grave (faire tomber des vêtements, foncer dans un client,…).
  • Cette gifle incontrôlée qui tombe après la terreur et la détresse quand un enfant se cache sous une penderie pour rigoler.
  • Moi même, quand je dis à ma fille « C’est bon maintenant, tu m’as soulée là ! Il est tard, j’ai besoin de dormir ! Tu vois pas que j’ai besoin de dormir ? J’en peux plus ! » Bien sur que non elle ne le voit pas, elle a 9 mois… Elle a mal aux dents, au ventre, elle a faim, chaud ou simplement besoin de câlin et moi j’ai sommeil et mon corps est tellement fatigué… Alors je suis agressive et son visage se transforme lorsque je lui parle comme ça : je vois qu’elle ne comprend pas ma réaction et je ne la rassure plus, je lui ai fait peur (culpabilité x100000).

J’aurai encore beaucoup d’exemples car je vois tous les jours des cas similaires. Mais vous voyez de quoi je parle ce n’est pas la peine de continuer : ce sont ces moments-là où nous parents, on craque. Cette fatigue qui nous tient, ce stress qui nous ronge, le regard des autres qui nous gêne, l’énergie des enfants qui semble dix fois supérieure à celle des adultes,…

Alors voilà, aujourd’hui je m’engage à tout faire pour ne pas avoir ce genre de comportement, je m’engage à essayer de comprendre les besoins de ma fille et à les prendre en compte. Je m’engage à essayer de parler de la bienveillance autour de moi (mais ça c’est un autre problème…) et à l’appliquer au quotidien.

Qui me suit ?

(et un « badge » de plus sur mon blog, je l’enverrai à qui le veut)