Je vous parlais très récemment de la bienveillance que je vois comme une façon d’être plus que comme une méthode d’éducation. Ce que je veux dire par là c’est que je souhaite être « bienveillante » tout le temps. Non pas juste quand je suis avec ma fille, tout le temps.

On me qualifie souvent de « trop gentille », de « naïve », on dit de moi que je vis « dans le monde des bisounours » parce que pour moi les gens sont gentils tant qu’ils n’ont pas prouvé le contraire, parce que je fais confiance au lieu de me méfier. Mais je pense être dans le vrai. Je ne déteste pas l’inconnu qui ne m’a rien fait. Alors oui j’ai parfois un « mauvais sentiment », peut-être totalement infondé mais quand il est là je me méfie : c’est tellement rare.

Alors la bienveillance je dis oui, mais comment l’appliquer quand autour de nous se trouve des gens égocentriques, méchants,…? Non je n’apporte pas de solution miracle dans cet article, j’ai juste besoin de vider mon sac pour apaiser mon petit cœur un peu trop lourd aujourd’hui.

Il y a quelque chose que je ne supporte pas dans ce monde : l’égocentrisme.

Je ne suis pas parfaite je le suis forcément parfois, mais je parle ici des gens qui pensent que le monde tournent autour d’eux, tout le temps.


Je suis régulièrement en colère après mes voisins qui réveillent ma fille et nous (et surement les autres voisins) en passant en scooter dans une rue piétonne, klaxonnant et criant nuit et jour juste devant notre fenêtre car ils habitent au dessus (4h du matin pour le premier passage et jusqu’à 20h30 environ). Ce ne sont pas des minots qui veulent jouer aux rebelles mais des adultes. On a beau leur expliquer qu’ils nous réveillent et qu’ils réveillent surtout notre bébé, que les odeurs de pots d’échappement rentrent dans nos chambres, rien n’y fait. Pourquoi s’embêter pour nous alors que leur façon de faire leur convient ?

J’ai été perturbée il y a quelques jours par une personne qui prend le monde pour un satellite d’elle-même. Je ne détaillerai pas ici parce que ce n’est pas l’endroit. Pour résumer, pour cette personne toutes les actions des autres ne sont que des actions en fonction d’elle. Je ne sais pas trop comment vous expliquer ça… Par exemple : Si je fais un gâteau au chocolat c’est pour l’embêter puisqu’elle n’aime pas le chocolat (exemple totalement inventé, mais c’est exactement ça).

Mais voilà qu’hier je poste sur mon Facebook personnel cette illustration trouvée sur Twitter.

La réponse fut immédiate. Une personne a cru bon commenter que « les français en ont assez de payer pour les autres » avec schéma sur le nombre de migrants à l’appui… Mon chéri a essayé de lui expliquer notre point de vue mais non il n’était pas d’accord. Je trouvais déjà ses propos égoïstes et son manque d’humanité m’énervait assez.

Jusqu’à ce qu’il écrive « qu’ils crèvent« .

Mon cœur s’est arrêté. Aider les autres est donc si insupportable pour l’être humain ? On ne parle pas d’une invasion de cafards mais d’êtres humains qui fuient la guerre (et la mort) avec leur famille.  Que ferions-nous à leur place ? (je tiens à préciser que la personne a effacé, plus tard, son commentaire : il a du se rendre compte de l’atrocité de ses propos)

Apparemment on vit dans le monde des bisounours parce qu’on voit des gens dans le malheur et non pas de l’argent qu’on nous prend… Oui je bosse beaucoup et pour pas grand chose moi aussi, mais ce n’est ni la faute des migrants, ni la faute des réfugiés de guerre, ni la faute du voisin. Je bosse beaucoup pour pas grand chose car c’est comme ça que fonctionne notre société… ce dont je ne parlerai pas aujourd’hui, sinon ce n’est pas un article mais un livre que je vais écrire aujourd’hui !

Je n’en veux pas à mes pairs de ma situation. Je n’en veux à personne de payer des impôts. Je paie des impôts pour ceux qui ont besoin, je suis moi-même malade parfois, je serai peut-être un jour au chômage, un jour à la retraite, j’ai pu aller à l’école, à la fac, accoucher dans une bonne maternité et prendre un congés parental grâce aux impôts,… et si mes impôts peuvent aussi aider des gens qui tentent d’échapper à la mort j’en serai contente. 


Je suis triste ce soir de voir que l’égocentrisme est le mode de fonctionnement normal de ce monde à tous les niveaux. Les gens sont égocentriques dans leur quotidien et continuent de l’être face à des drames de dimension internationale…

Comment être bienveillants avec des gens dont le soucis principal n’est que leur petite personne ? Pour ces gens-là, l’empathie est étrangère alors comment leur expliquer que leur comportement nous blesse alors qu’il leur convient très bien ?

L’optimiste que je suis prend un coup à chaque fois que les hommes manquent d’humanité…