Le grand sujet de discussion et de stress des futures mamans reste l’accouchement. Beaucoup de futures mamans en ont peur, surtout pour le(s) premier(s) bébé(s). Et puis quand on entend les histoires des « déjà mamans » qui aiment raconter leurs mésaventures, on est encore moins rassurées !

Mais non, je n’étais pas angoissée par cet accouchement. Quand on me demandait je répondais « Non je ne m’angoisse pas, mais je me connais : ça viendra ! ». Ce n’est pas venu. Depuis le jour où j’ai appris que j’étais enceinte, mon stress permanent que je prenais pour une partie intégrante de mon caractère s’est envolé. Plus de stress : bébé pas bien accroché ? Ok je fais comme me disent les médecins. Contractions trop fréquentes et trop tôt ? Ok je continue de me reposer comme ils me disent. L’accouchement ? Non toujours pas de stress qui monte… Je n’ai jamais été aussi zen de toute ma vie que depuis mai 2014.

Je n’avais pas peur de l’accouchement car ma mère me répétait souvent lors de mes règles très douloureuses « Si tu as mal maintenant, tu n’auras pas mal pendant l’accouchement. Tu feras comme moi : tes bébés sortiront comme une lettre à La Poste. » Oui ça n’a aucun sens je m’en rends compte (quoique, l’habituation à la douleur peut-être ?), mais j’ai fini par intégrer cette phrase et elle m’a probablement permis de dédiaboliser l’accouchement. Pourtant j’en ai entendu/lu des histoires qui font peur, mais non : je suis la fille de ma mère, je n’aurai pas mal.

Je n’avais pas peur de la césarienne non plus : ma maman de cœur en a eu deux et va très bien. Alors oui elle a eu mal, elle a eu du mal à marcher les jours qui ont suivis,… Mais je n’ai pas souvenir que ça ai été pour elle quelque chose d’atroce à surtout éviter.

Je n’avais pas peur de la douleur : mes règles et ovulation très douloureuses m’y ont habituée et mes migraines n’en parlons pas. En fait, j’ai moins souffert pendant mes 5 ou 6 heures de contractions sans péridurale que pendant mes pires migraines. Je ne saurais pas dire quelle douleur est la plus forte mais l’avantage des contractions c’est qu’elles vont et qu’elles viennent. Comme mes migraines m’ont appris à gérer la très grosse douleur (celle qui va jusqu’aux nausées et l’évanouissement) je savais comment accueillir la douleur pendant les contractions.

J’ai demandé la péridurale, ou plutôt je ne l’ai pas refusée. Bien heureuses les mamans qui souhaitent accoucher sans, moi je me suis dis que si je pouvais « profiter » de mon accouchement sans souffrir le martyre je n’allais pas m’en passer. Mais encore une fois, la possibilité que la péridurale ne marche pas ou qu’on ne puisse pas la poser ne m’effrayait pas, même si j’aurai très très certainement fait moins la maligne sans. J’en profite pour dire à mesdames les futures mamans angoissées par l’aiguille de la péridurale que ça ne fait pas vraiment mal, ou plutôt qu’entre la douleur des contractions vous ne sentirez pas vraiment la péridurale (et vous serez tellement soulagée qu’on vous la pose enfin).

Et dans les faits ?

Le personnel de la maternité (Ste Monique de l’hôpital St. Joseph à Marseille) a été au top (sauf celle qui m’a accueillie et qui ne s’est pas occupée de moi jusqu’à l’arrivée de l’équipe de jour) : souriants, agréables, délicats, blagueurs même,…

Mon chéri me faisait rire entre deux contractions, une dame dont je n’ai jamais compris le rôle m’a câlinée la main pendant la péridurale (et nous a demandé si elle pouvait rester pour l’accouchement), le gynécologue arrivé en urgence a fait de l’humour,… Bref ambiance détendue ! On aurait presque pu se boire un verre ensemble.

Le stress a fini par monter : moins d’une ou peut être deux minutes. Au bout de 8 heures de contractions ma fille montrait des signes de faiblesse, la sage-femme avait beau me mettre dans toutes les positions possibles, son rythme ne remontait pas. Quand elle a dit « appelle le gynéco » je me suis dis que c’était bizarre. Quand 30 secondes après le gynéco a dit « appelle le pédiatre » là j’ai eu peur. Qu’est ce qui est en train de se passer ? Ma fille ne va pas bien ?

Mais je n’ai pas eu le temps de me poser trop de questions : le gynéco m’a dit qu’il allait m’aider avec la ventouse mais qu’il fallait pousser (même si je n’avais plus trop de force après une nuit blanche et les contractions) quand même. Quelques petites minutes après ma fille était sur mon ventre.

Je n’ai pas eu peur d’accoucher et j’ai bien fait. Ce n’était peut-être pas un accouchement « idéal » mais quand j’entends ou lis des récits d’accouchement, je me dis que j’ai de la chance quand même.

Et vous, avez-vous (eu) peur d’accoucher ?