Voir le monde à travers ses yeux.

Ce que j’adore avec l’explosion du vocabulaire de ma fille, ce sont nos conversations. Et encore plus de savoir ce qu’elle ressent, ce qu’elle regarde, ce qu’elle pense.

C’est la possibilité de voir le monde à travers ses yeux.

Si elle ne dit pas « Maman je suis jalouse du bébé que tu gardes, occupes toi de moi s’il te plait ! » elle me dit « moi le bébé, gâté ! Je pleure… » et elle fait semblant de pleurer en souriant jusqu’à ce que je la prenne contre moi et la berce comme un bébé. Ce sont nos retrouvailles lorsque les enfants s’en vont.

Elle aime les bébés qui sont là, veut s’en occuper « toute seule » mais n’hésite pas à me réclamer autant d’attention qu’eux lorsqu’elle en ressent le besoin. C’est la première fois que je perçois de l’ambivalence dans ses sentiments.

Mais ce que j’aime le plus, ce sont ces ressentis dans la vie de tous les jours.

Elle me dit aussi qu’elle a peur et de quoi elle a peur. Puis on en discute et je lui dis que j’ai peur comme elle ou pas et pourquoi. Les papillons lui font peur, probablement parce qu’ils volent. Mais même en lui disant qu’ils sont gentils et ne font de mal à personne elle avait peur. Hier je lui ai dit que je n’avais pas peur des papillons, que je les aimais bien mais que j’avais peur des abeilles par contre. Du coup, elle n’a plus peur des papillons !

Un jour, en faisant les courses j’ai voulu lui montrer les poissons : elle n’a pas été contente ! « Oh nooon ! Poissons dans l’eau ! Peuchère ! Dans l’eau !« . Je ne m’attendais pas à cette réaction. Je pensais qu’elle allait apprécier de voir des poissons de près, mais pas du tout. Elle a eu de la peine et a voulu qu’on les remette à l’eau (pas sûre que le poissonnier soit du même avis !).

Savoir que, pour elle, le bonhomme de neige sur le sapin ressemble à un petit pois, le nounours a mal au ventre et sa poupée a froid, etc. me fait rigoler.

Mais ce qui me remplit le cœur ce sont les « Waaaouuuh ! C’est beau ! » avec une petite voix pleine de joie et ses yeux qui s’illuminent lorsqu’elle voit des illuminations de Noël, un arbre plein de couleurs, un dessin qui lui plait, un tapis de feuilles mortes ou un jouet intéressant.

Voir le monde au travers ses yeux c’est (ré)apprendre à s’extasier de tout, à rire d’un rien, à se mettre plus souvent à la place des autres,…

Les illuminations sont magnifiques, les poissons devraient être dans l’eau, le monsieur par terre il est sale et il n’a pas de veste, c’est marrant de voir le lapin qui saute, c’est beau de voir les feuilles tomber et tellement drôle de courir après les pigeons !

Son regard n’est pas encore biaisé par les bêtises des adultes. Effectivement, ce monsieur par terre a simplement froid, ce bébé qui a deux mamans ne la choque pas, ces poissons devraient nager dans l’eau, le garçon qui pleure veut un câlin, la crèche illuminée est belle,…

Je ne le dirais jamais assez, on l’aide à grandir mais elle nous fait tellement grandir sans le savoir !

Laisser un commentaire