T’es triste, maman ?

Il est difficile de cacher nos émotions à nos enfants, bien plus que je ne le pensais…

On part du principe que l’on doit être sincère avec notre fille, lui dire ce qu’elle peut entendre. Mais c’était bien plus facile quand on n’avait rien de particulier à dire.

Elle m’a vu avoir mal, très mal, lorsqu’on a découvert ma grossesse extra utérine, elle a vu la peur dans nos regards, la douleur sur mon visage,… Je lui ai expliqué que j’avais très mal au ventre et que le médecin allait me soigner. Comment pouvais-je lui dire qu’un bébé grandissait en moi, qu’il n’était pas bien placé et qu’il fallait l’enlever d’urgence ? Impossible, pas à deux ans.

J’ai tenté de cacher ma peine mais elle l’a bien vue.

Maman l’est malade ? ça va mieux ?

Le passage régulier des infirmières a permis de rendre tout cela plus médical et de ne pas aborder le sujet autrement.

Et puis le chat est tombé malade… Le temps qu’on se rende compte qu’il avait cessé de se nourrir depuis l’hospitalisation il était déjà trop tard. Enfin, on aurait pu, peut être, le sauver si il n’avait une peur bleue des étrangers et n’était pas hyper agressif avec les vétérinaires. Hospitalisation impossible, on a fait ce qu’on a pu pour le soigner mais ce n’était pas suffisant.

J’ai pleuré plusieurs fois en le voyant dépérir, forcément elle m’a vue. Je lui ai expliqué que j’étais triste parce que le chat était malade. J’ai pleuré peut être plus parce que j’avais « une raison » à lui donner, je pouvais m’autoriser à être triste à ses yeux.

Du coup, dès que j’ai l’air triste ou la tête dans les nuages ou simplement que je refuse de jouer elle me demande si je suis triste, si ça va mieux, si je suis malade…

Au moindre bobo, elle me demande d’appeler le docteur pour qu’il me soigne. Dès qu’elle me sent triste elle vient me faire un gros câlin, en me serrant très fort et parfois elle me dit :

Pas peur, maman. ça va mieux ?

Je n’arrête pas de lui dire que je ne suis plus malade, que le docteur m’a soignée, que je suis triste parce que notre chat n’est plus là, mais que ça ira mieux bientôt, que ça va mieux,… Et surtout qu’elle ne doit pas s’inquiéter pour moi, que c’est à moi de m’inquiéter pour elle pas le contraire, que je suis grande et que son papa prend soin de moi comme je prend soin de lui.

En fait, je culpabilise de la voir s’inquiéter. Je culpabilise de l’entendre dire, plusieurs fois par jour :

Maman l’est triste ? ça va mieux ?

Elle dit ça en mettant sa main sur moi, en me regardant droit dans les yeux le regard tendre. C’est si gentil, si attentionné mais d’autant plus dur dans mon cœur de maman…

 

13 réflexions sur “T’es triste, maman ?

  1. Summer Girl dit :

    Mon fils a associé mes larmes à la tristesse et surtout à la mort de quelqu’un, ça a commencé avec mon chat en juin dernier puis la maman d’une amie et enfin mon papa… je n’avais pas eu le temps de réagir à ton article sur tes douloureux 30 ans, j’ai été très touchée par cette nouvelle, et tout ce que tu as traversé et continue de vivre, je te souhaite de tout cœur de voir ta jolie famille s’agrandir, je te souhaite beaucoup de courage et puis finalement c’est pas grave si les enfants nous voient pleurer, on est juste des mamans avec notre sensibilité et nos émotions parfois si difficiles à gérer. Plein de bisous

    • Famille Plume dit :

      Oh dur ! Il est en effet essentiel qu’ils apprennent toutes les émotions et voient que nous les partageons toutes. Mais ce n’est pas facile… C’est dur de voir ma fille s’inquiéter pour moi… Mais aujourd’hui elle sait que je peux être triste et qu’un câlin est un bon remède ! 😉
      Bisous

  2. Die Franzoesin dit :

    Ton article est vraiment très émouvant je pense que c est bien aussi qu elle sache que les mamans ne sont pas invincibles, qu elles peuvent etre malades et tristes. J espère que vous entrerez bien vite dans une phase plus positive.

  3. maman est occupée dit :

    Les enfants sont très sensibles au bien-être de leur parents… D’ailleurs, si tu as le malheur de leur dire avant de le déposer à l’école que tu as mal au ventre, ils n’hésitent pas à te demander devant tout le monde à la sortie de l’école : « Alors, ça va mieux, t’as fait caca ? »

  4. Claire dit :

    Il est très beau ton article. La tristesse fait partie de la vie, je pense qu’il faut mieux l’exprimer. Au moins ta fille sait ce qu’il se passe pour toi (en gros, c’est sur qu’elle a pas besoin de connaitre tous les détails). Bon courage.

    • Famille Plume dit :

      Merci !
      Oui, je lui explique « ce qu’elle a à savoir », je ne la laisse pas sans savoir mais ne lui donne pas d’explications trop compliquées ou trop difficiles à entendre. Ce n’est pas facile de trouver le juste milieu, je n’aurai pas cru !

  5. Le Blog de Kimie dit :

    Je suis très émue par ton article. Les enfants sont de telles éponges à sentiment, je suis toujours impressionnée par la façon dont ma fille se met en miroir de mes sentiments… En tout cas, c’est une bonne chose qu’elle puisse mettre un nom sur tes et ses émotions.

    • Famille Plume dit :

      Oui, j’essaie de parler avec elle : de lui dire ce que je ressens et de la questionner sur ses ressentis. J’ai découvert les émotions vers 20 ans (oui oui, c’est possible !) et aujourd’hui je suis hyper émotive, alors je ne lui souhaite pas ça !

  6. Audylan dit :

    Je comprends surtout quand tu dis que c’est à toi de t’inquieter mais son comportement est merveilleux.
    L’empathie c’est inné chez les enfants de son âge, beaucoup perdent ça en grandissant.
    Et surtout c’est une belle preuve d’amour.

    • Famille Plume dit :

      Oui c’est beau mais… fou ça me fait mal au cœur ! J’espère qu’elle gardera son empathie, mais pas trop quand même… la mienne est un peu trop développée et c’est pas facile tous les jours ! 😉

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