L’objectivité et moi…

J’ai souvent l’impression de ne pas être objective : de voir ma fille d’un œil bien trop gaga pour cela. Avec l’entrée à l’école, je me suis demandée si ce n’était pas moi qui pensait qu’elle était prête alors que ce n’était pas forcément le cas. Je me suis demandée si je ne voyais pas plus de maturité en elle parce que je suis maman et que je manque d’objectivité.

Plus la date de rentrée approchait, plus j’angoissais.

Elle est si petite.

Et elle a encore tellement besoin de moi.

Elle a un peu de mal quand il y a beaucoup de monde.

En plus, elle supporte mal les cris des autres.

Et puis la rentrée est arrivée, les semaines sont passées. Voilà un mois qu’elle est rentrée maintenant. Aujourd’hui je me rends compte que je ne la surestime pas, au contraire je l’ai sous-estimée…

L’objectivité… ce n’est pas pour les mamans !

J’ai projeté sur elle mes propres peurs, mes propres failles. J’ai encore tellement besoin d’elle, je suis très mal à l’aise dans la foule, j’ai beaucoup de mal avec l’agressivité des autres, etc.

De son côté, tout va très bien. Elle m’impressionne et je suis fière d’elle…

Elle va à l’école avec beaucoup de plaisir, elle demande même à y aller le mercredi et le weekend. Sur le chemin de l’école, elle attend ses copains, les cherche, offre des feuilles mortes à sa maîtresse et sa tata,… Si je suis repartie deux fois perturbée parce qu’elle pleurait (jusqu’à ce qu’elle ne me voit plus), je pars plus souvent perturbée de la voir me quitter sans me dire au revoir…

Contrairement à moi, elle sait exprimer ce qui ne va pas. Elle a su me dire, du haut de ses 2 ans et 9 mois ce qu’elle ressentait.

« J’aime aller à l’école mais je voudrais que tu viennes avec moi dans la classe et dans la cour. Je veux pas rester sans toi. »

Ouvrir les yeux sur la réalité.

Lorsque je la vois rentrer main dans la main avec son copain, j’ai mon petit cœur qui se serre. Puis quand j’ai lu la poésie et qu’elle s’est mise à la réciter… j’ai cru qu’elle venait de prendre une année en un mois. Au moment où elle me raconte comment Lulu le lapin s’est sali les mains, les pieds, la bouche et la queue je suis en haleine comme devant un super thriller.
J’attend des réponses à mes questions, des histoires, j’ai envie d’être une petite souris pour la voir s’épanouir.

Je me suis souvent demandé si le fait de n’avoir pas été en crèche ne la freinerai pas. Si je ne l’avais pas, en faisant le choix d’être assistante maternelle, empêchée de couper le cordon. Si je n’étais pas trop protectrice, trop envahissante pour la laisser s’épanouir et gagner la confiance nécessaire. En fait, je me suis demandée encore une fois, si cette relation fusionnelle ne l’était simplement pas trop.

Bref, je suis ravie de cette rentrée. Je suis impressionnée par cette maturité que je ne soupçonnait pas. Et même si j’ai un petit pincement au cœur, je suis heureuse et rassurée de la voir s’épanouir et se sentir en confiance loin de moi.

2 réflexions sur “L’objectivité et moi…

  1. picou dit :

    Très jolie observation…finalement souvent on calque sur eux nos propres sentiments, et quand on apprend à leur faire confiance ils nous épatent!

  2. mamansurlefil dit :

    C’est vrai que souvent on projette nos propres inquiétudes sur eux ! Je suis ravie que tout aille bien pour elle ! Les Enfants qui n’ont pas connu la crèche ne sont pas forcément Moins sociables… et heureusement !
    Belle soirée et Bon week end !

    Virginie

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