Parentalité

Nos filles aux besoins intenses.

Nos filles sont collantes, c’est un fait. Souvent je leur demande une pause, un moment de calme (en vain évidemment). L’une et l’autre sont comme ça, je pensais ça commun à tous les bébés en fait. Et puis en parlant, en échangeant, on m’a fait remarquer que c’était particulier. On m’a parlé de bébé aux besoins intenses (BABI) et par extension d’enfant aux besoins intenses (EABI).

Petite anecdote :
Au moment où j’écris cet article, Linoa sur les genoux, je me rends compte qu’on part bientôt. Je file me maquiller et tout le long Linoa est agrippée à mes jambes en pleurant… Je finis par la mettre dans les bras de son père pour terminer en paix. Évidemment elle commence par hurler de plus belle, se braquer, se débattre,… avant de se calmer. Yuna s’approche et dit à son père « Ah mais elle est là maman ! Je croyais qu’elle était partie, j’allais pleurer !« 
Voilà exactement notre quotidien.

Bébé / enfant aux besoins intenses… Quèsaco ?

Le terme BABI vient du Dr Sears, pédiatre américain. Voici les caractéristiques qu’il décrit :

Hypersensible

Le bébé aux besoins intenses est facilement dérangé : il sursaute le jour et se réveille très souvent  la nuit. Il est hypersensible surtout avec  les personnes qui ne lui sont pas familières. La présence d’étrangers dans son entourage l’angoisse.

Intense

Le bébé aux besoins intenses fait tout de façon… intense : il pleure très fort, rit très fort, proteste énergiquement, a besoin qu’on réponde à ses demandes tout de suite. Toutes ses émotions  semblent exacerbées. Le bébé aux besoins intenses peut réagir violemment à la séparation d’avec ses parents, notamment parce qu’il leur est très fortement  attaché.

Exigeant

Il ne faut pas entendre  par ce terme que ces bébés sont capricieux. Ils ne le sont absolument pas. Toutes les demandes d’un BABI revêtent pour lui un caractère d’extrême urgence. Lorsqu’il manifeste un inconfort, une gêne, il le fait non par pleurs très intenses,  mais par des hurlements dont personne ne peut ignorer l’urgence, ni  ses parents, ni les voisins ! Aucune diversion n’est possible, aucun doudou ne le calmera, aucun jouet ne le divertira. Bien au contraire, ses pleurs redoubleront parce qu’il sentira sa demande incomprise.

Imprévisible

Vous pensez avoir enfin trouvé un « truc » pour le calmer, et la fois suivante, le « truc » ne fonctionne plus. Impossible de prévoir ses réactions. Aucune méthode de puériculture ne semble fonctionner avec lui. Il faut sans cesse trouver de nouvelles façons de prendre soin de lui.
Toujours actif
Un BABI est toujours en mouvement. Tout comme ses émotions, son activité motrice est elle aussi intense.

Épuisant

C’est le terme qui revient le plus souvent dans la bouche des parents de BABI : « Il me vide», « il me pompe toute mon énergie ».

Il veut toujours les bras…

Il a un besoin extrêmement important de contact physique. Ce type de bébé a la réputation de ne pouvoir se calmer seul, dans son lit, dans son transat, etc… Il a impérativement besoin des bras, du contact humain pour s’apaiser. Aucun doudou, aucune peluche ne l’aidera. Il ne supporte pas d’être posé dans un transat, un berceau, etc…

… mais il n’aime pas se blottir

Paradoxalement, un BABI n’aime pas le contact physique intime. Si on veut le blottir contre soi, il s’arque-boute, raidit ses membres. Il se sent plus à l’aise quand vous maintenez une certaine distance entre lui et vous,  pendant que vous l’avez dans vos bras, ou si vous le tenez « face au monde ».  Nouveau-né, ce bébé détestera généralement être emmailloté.

Il veut téter tout le temps

Les besoins de succion d’un BABI sont… intenses !!! Il a besoin de téter pour se réconforter, même si ce n’est nécessairement pas pour se nourrir.

Il se réveille souvent

Ces bébés super-éveillés ne se calment pas facilement, et, une fois endormi, un rien les réveille !! Il dort très peu. Et peut réveiller ses parents 10 fois par nuit.

Il déteste la voiture, la poussette

Dans la voiture, il peut hurler depuis le moment où il y entre jusqu’à ce qu’on le sorte. Idem dans une poussette. Il ne supporte pas qu’on le pose, même si  c’est dans « véhicule » en mouvement.

Source des caractéristiques : maternezmoi

Les EABI ont grandit mais conservent des caractéristiques : une forte sensibilité, des réactions intenses, un besoin de proximité,… etc.

Nos filles ont-elles des besoins intenses ?

L’aînée.

Yuna, mon bébé glue.

Yuna a toujours été un bébé facile selon moi MAIS elle était constamment aux bras. Elle se calmait peu avec d’autres personnes, son cercle était très réduit.

Si je devais faire une liste des caractéristiques des BABI pour elle, elle serait assez réduite : besoin de proximité ++, grande sensibilité, réactions intenses, besoin de succion, peu de personnes de confiance, séparation difficile (pas si courte que ça la liste en fait).

Aujourd’hui à 4 ans, je trouve ça beaucoup plus intense en fait, peut être par comparaison.
Quand elle joue avec d’autres enfants, son rire recouvre souvent celui des autres. Et à l’inverse, une contrariété la met dans un état pas possible…
Lorsqu’elle a un chagrin ou une peur, elle se calme difficilement, souvent dans mes bras.
Elle est très sensible : des faits qui nous semblent anodins peuvent la perturber et déclencher : crise, pleurs inexpliqués, cauchemars, renfermement sur elle-même.
Pour se rassurer, l’utilisation de rituels est quotidienne. J’en ai justement parlé récemment : Les rituels, un peu, beaucoup, trop ?
Et chose la plus fatigante : elle est sans-cesse collée ! Elle me touche sans arrêt, s’assoit contre moi (voire sur moi), demande des câlins toute la journée,… La séparation est d’ailleurs très difficile avec moi, encore à son âge.


Mais à l’inverse, elle est capable de jouer seule, de rester dans sa bulle pendant des heures ! On l’entend parler en quasi continu, elle est dans son monde et c’est un vrai plaisir de l’observer.
Pour finir, les bruits forts l’incommodent et/ou lui font peur. Lorsque je vois des travaux ou que je sais qu’un bruit va survenir, je la préviens en amont.

La cadette :

Linoa, mon bébé Koala

C’est plus simple à décrire : relisez la description ci-dessus. Tout lui correspond (sauf le besoin de succion, elle n’a sa sucette que pour dormir en général).

Je l’ai constamment aux bras. Elle-même ne sait plus où donner de la tête entre son besoin de contact et son besoin de bouger. Souvent elle me demande les bras avant de demander à en descendre pour jouer et… recommence !
La séparation est évidemment compliquée et il suffit que j’aille aux toilettes pour l’entendre hurler et tambouriner sur la porte…
Pour résumer, je l’ai avec moi environ 18 heures sur 24 (les 6 heures restantes étant : 1h de sieste dans la journée + une partie de la nuit).

Son cercle de personnes de confiance est très réduit : moi, son père et une de ses grand-mères.

Et surtout, l’inconstance : avec elle je ne sais jamais à quoi va ressembler la journée ! Je ne peux pas vous dire ce qu’elle aime manger, ni si aujourd’hui elle va me coller jusqu’à plus soif ou pas. Je suis incapable de donner le truc qui marche à chaque fois… car rien ne marche à chaque fois !

BABI, EABI… et alors ?

Le but de cet article n’est pas de coller une étiquette sur nos filles ou de vous motiver à en coller une sur vos enfants. Loin de là, je n’aime pas ça. D’ailleurs, quand plusieurs d’entre vous me parlaient de BABI, je ne comprenais pas.

« BABI et alors ? il n’y a ni solution ni explication ? alors quel est l’intérêt de la cataloguer ? »

A force de voir ce mot revenir à chaque fois que je partageai mon désarroi, mes questionnements, mes doutes, ma culpabilité (…) j’ai décidé de m’y pencher. J’ai échangé avec plusieurs mamans, lu sur le sujet. Oui je reconnaissais ma fille, mes filles dans ces descriptions. Et il s’est passé quelque chose d’étrange : même si il n’y avait pas de solution, j’ai accepté la situation un peu mieux.

En fait, ne pas me sentir seule, ne pas me sentir incapable, ne pas me dire que j’avais du « rater un truc »,… ça fait du bien !
Nous sommes de bons parents.

Je vois les choses autrement aujourd’hui : elles ont des besoins, peut être plus forts que d’autres enfants. Notre rôle est d’y répondre et de leur apprendre à grandir en apprenant à gérer ce flot d’émotions intenses qui semble les envahir si souvent.

Pour finir, j’ai envie de dire que comme toute chose, il faut voir tous les côtés. Si tout est intense, c’est le cas aussi pour tout ce qui est positif : leurs rires éclatent, leur imagination déborde, leurs câlins sont énormes, leurs élans d’amour innombrables,… Ce sont des soleils : le soleil qui éblouit trop mais aussi celui qui réchauffe nos corps.

J’ai besoin de vous !

Enfin, je vous prépare un article avec vos témoignages, vos conseils si vous en avez, vos questions, vos doutes, vos ressentis… Donc si vous le souhaitez, vous pouvez échanger sur le sujet en commentaire de ce post ou par mail si ça vous semble plus approprié. N’oubliez pas de me dire si je peux vous citer dans l’article que je prépare : j’y partagerai certains de nos échanges.

Il n’y a pas de contenu figé pour le moment donc lâchez-vous ! N’hésitez pas à poser les questions qui vous passent par la tête ou au contraire ce que vous auriez voulu qu’on vous dise !
Au moins trois catégories seront présentes : conseils et vécu des parents, remarques de l’entourage. (témoignages).

4 Comments

  • ColombesMum

    Merci pour cet article…Si je pensais que mon aîné était un BABI, j’ai révisé mon jugement avec ma petite princesse. Au moins mon grand dormait de bonnes siestes…Elle c’est parfois 20 min, parfois 30, parfois 1h00…(grand maxi) et comme tu dis, tout est imprévisible…y’a aucune recette, aucune règle, aucune routine..Elle lutte pour s’endormir alors qu’elle est KO…Là c’est sûr, elle a toutes les caractéristiques de ton article….on morfle…donc oui je veux bien contribuer à ton enquête…en échange de quelques solutions…lol 😀
    Courage à toi avec tes deux poulettes

    • Famille Plume

      Ah ah ! Les conseils qu’on peut donner j’en parlerai dans le prochain article. Mais je pense que tu les connais déjà en fait !;)
      Mes filles n’ont jamais beaucoup dormi la journée… depuis quelques jours Linoa fait enfin des siestes de plus de 30 minutes (celle du matin saute) et Yuna a commencé à en faire à 2 ans et demi : à sa rentrée à l’école.
      Bon courage ♥

  • Nanakie

    Je suis un peu sonnée de constater que ma puce correspond à pas mal de critères (excepter la garde … elle s’est adaptée à la crèche sans aucun soucis, et avec l’Ass Mat il a fallut 3 semaines mais maintenant ça roule) , et le détournement de l’attention peut fonctionner par moments. Mais sinon …. l’intensité fait partit de notre vie depuis 17 mois !

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