Parentalité

L’éducation vue par ma grand mère.

Je ne sais pas trop pourquoi nous nous sommes mises à parler éducation. Je crois que j’ai voulu lui remonter le moral en lui disant que je garde des enfants, comme elle étant plus jeune.

Ma grand-mère était gardienne comme elle dit, elle a gardé beaucoup d’enfants, les siens et ceux des autres et toujours avec beaucoup d’amour.

grand mèreElle m’a donc raconté à quel point elle a aimé ces enfants dont elle s’est occupée, comment ça a pu l’aider à mettre un peu de beurre dans les épinards pour ces quatre enfants,…

Et puis elle m’a parlé d’éducation. Ma grand-mère de 93 ans, qu’a-t-elle pu dire à propos d’éducation selon vous alors qu’elle ne lit plus que le journal depuis des années ?

Ce n’est pas sa vision des choses qui m’a surprise, mais plutôt le fait que ses propos soit si actuels !

Je m’explique…

– Je lui ai raconté comment ma fille de 22 mois était un peu coquine, comment elle arrive à avoir ce qu’elle veut régulièrement. Elle m’a expliqué que « Non mais elle est encore petite, son cerveau est trop petit !« . Aujourd’hui les neurosciences sont capables de nous expliquer que les enfants de son âge ont un cerveau immature et fragile et qu’ils n’ont pas la capacité de manipuler ou faire des caprices. Et elle le savait, il y a 70 ans elle le savait déjà.

– Elle me racontait que certains enfants étaient difficiles, qu’elle a failli arrêter de les garder car c’était compliqué. Mais elle m’a précisé « Je ne les ai jamais frappé ! Ni eux ni les miens. On ne frappe pas les enfants ! Moi ça me fait mal au coeur quand je vois ça ! Les enfants, quand on les frappe, on les brise !« . Là, c’est mon coeur à moi qui s’est serré. A l’époque où elle était mère, frapper était normal, mais pas pour elle. Car elle a su sentir l’effet néfaste des violences ordinaires sur les enfants.

– Elle semblait tellement triste en parlant de ces enfants frappés que je lui ai dit que ces gens là ne savent pas faire autrement. Elle a acquiescé et m’a dit « C’est vrai. Moi je ne les ai pas frappés parce qu’on ne m’a pas frappée. J’ai fait comme mes parents ». Oui, on reproduit si on ne réfléchit pas à notre passé. C’est un passage d’un des livre d’Isabelle Fiolliozat qui m’a fait le plus mal. Heureusement, ce n’est pas inévitable, j’en suis la preuve !

bienveillance

Pour conclure :

D’accord, je ne suis pas objective, puisque c’est ma grand-mère, mais je suis en admiration devant elle. Je sais de qui je tiens cette croyance que l’Homme peut être bon, que nous pouvons devenir meilleurs en agissant mieux, que l’avenir est dans les mains de nos enfants mais que nous les aidons à se construire pour qu’ils construisent à leur tour un monde meilleur.

Je suis fière d’être sa petite fille.

 

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