Et moi dans tout ça ?

Avant toute chose, je tiens à resituer le contexte. Parce que à crier Et moi ? comme ça, on dirait bien que je suis mécontente de mon sort. Or ce n’est pas le cas, même si parfois les choses pèsent…

Ma petite histoire.

J’ai quitté la vente pour devenir assistante maternelle par choix. Si laisser ma fille était compliqué, c’est surtout mon travail qui a perdu de son intérêt à mon retour de congés parental. L’impression d’être mise au placard, l’impression de ne plus avoir ma place couplées au fait de ne pas être satisfaite de faire garder ma fille et de rentrer bien trop tard m’ont vite fait changer de travail.

Je ne regrette en rien ce choix. Être auprès de mes filles est une chance que je mesure car pour moi il est important d’être près d’elles les premières années de leur vie.

Avant qu’on me saute dessus, je vais faire une petite précision.
J’ai bien conscience que l’on ne puisse pas toujours arrêter de travailler,  trouver ou payer une assistante maternelle. J’ai aussi conscience qu’on n’ai pas l’envie de rester avec bébé, que travailler fait du bien. Oui, nous sommes tous et toutes différent(e)s. Ce qui va suivre n’est donc que MA vision de ma vie de maman, pas une vérité absolue.

Je suis probablement trop protectrice mais la collectivité avant 1 an ça me semble difficile. J’ai envie pour mes filles d’un cocon. Mais même en ayant fait garder Yuna par ses mamies pendant 1 an à partir de ses 8 mois je n’étais pas bien. Je ne dis pas que je fais mieux que tout le monde, mais j’ai une vision des choses et je n’apprécie que moyennement que les choses se passent différemment. Vous avez dit psychorigide ? Je sais bien que je suis chiante, mais je ne disais rien je suis au moins respectueuse ! 😉

Voilà donc comment je me suis retrouvée, par choix, dans la situation de m’occuper de mes filles moi-même. 

Nos journées.

Je me lève à l’heure des filles : premier biberon, réveil de la grande ou réveil pour l’école. Le biberon n’attend pas, le temps file avant l’école,… j’avale souvent mon café sur le pouce.

Je cale mes besoins sur les leurs. C’est normal je suis leur maman, elles ont besoin de moi je suis là pour ça. Je mange parfois sur le pouce, parfois bébé aux bras, parfois en berçant la poussette avec le pied, parfois en faisant 10 allers-retours pour aider Yuna à s’endormir.

Le ménage, les machines, le linge, la vaisselle occupent une bonne partie de mon temps libre. Si j’ai de la chance, les siestes des filles se font en même temps et j’ai du temps pour me poser moi et moi seule.

Puis ça recommence : Maman tu m’ouvres le jeu ? Maman tu joues avec moi ? Maman tu me prends aux bras ? J’ai soif / j’ai faim / j’ai fait caca ! Maman tu me remets la couverture ? Tu peux m’ouvrir la pâte à modeler Maman ? Maman je veux le sable maintenant ! Oh nooon, j’ai tout renversé. Maman je veux un câlin aux bras. […]
Et en même temps : Biberon, couche, câlin pour l’apaiser et/ou l’endormir.
Puis quand je suis seule, c’est le chat qui grimpe sur moi pour réclamer des câlins.

Yuna ne veut « Queee mamaaaan ! » quand je m’occupe de sa sœur. Sauf que Linoa elle, ne s’apaise dans mes bras…

J’ai la chance d’avoir des marmottes, mais depuis quelques temps, Yuna m’appelle la nuit. Bon elle a été malade, mais là c’est fini et elle continue… On va mettre ça sur le compte de la rentrée maintenant.

Et moi dans tout ça ?

Le soir, je me couche dès le dernier biberon. La fatigue n’est pas tant physique mais mentale. Mon cerveau a besoin de repos, j’ai besoin de trouver du temps pour le mettre en pause.

En fait, je crois que j’ai des moments où j’ai besoin de ne penser à personne d’autre que moi. Dès que je sens venir une question, j’ai envie de crier « Noooon !« , j’ai envie de m’enfermer dans ma chambre, cachée sous ma couette et ne rien faire pour personne. Mais je ne peux pas, je suis maman.

Lorsque le chéri ne rentre pas trop tard, il m’aide le plus souvent. Le double bain couplé au double repas est souvent difficile. J’apprécie qu’il soit là même si il râle pour m’embêter lorsque je demande de l’aide. Il gagne, ça m’embête, me contrarie, me renferme dans mon sentiment de n’avoir le temps le rien… Ce n’est pas méchant mais ça pèse même si il m’aide.

Alors le soir, quand je suis à bout, j’ai envie de hurler :

Et moi dans tout ça ?

Du coup parfois je craque, je m’énerve, je crie… Et lorsque ma grande me demande « Pourquoi t’es en colère maman ? » j’ai envie de pleurer. Alors je lui explique que je suis épuisée, que j’ai du mal à gérer toutes les demandes de l’une et de l’autre, que j’ai besoin d’un peu de calme.

Et puis…

Et puis au moment où je pose ces mots, à quelques semaines de reprendre le travail, j’ai laissé Yuna à l’école toute la journée. J’ai le ventre serré de la laisser jusqu’à ce soir. Pourtant aujourd’hui je vais avoir du temps pour moi tout en m’occupant de sa petite sœur et en faisant le ménage.

Je pourrai souffler, je devrai être contente et sauter de joie… Mais la journée me semble déjà trop longue…

L’ambivalence des sentiments.

J’adore passer du temps avec elles. Et tout autant jouer avec ma grande, l’entendre rire. J’adore prendre le temps de les câliner, regarder ma toute petite s’endormir dans mes bras. Je suis la plus heureuse de pouvoir assister à toutes les étapes de leurs premières années. Mon cœur fait des bonds à chaque moment complice qu’elles ont déjà : la grande cherche à faire rire la petite et à jouer avec elle pendant que la petite la cherche du regard et sourit à chaque fois qu’elle entend sa voix. Ce sont mes privilèges de maman. Et tout le repos du monde ne saurai pas me rendre si heureuse ! ♥

10 thoughts on “Et moi dans tout ça ?

    1. Alors prends du temps pour toi. Trouve le. Après cet article j’ai eu du temps, ça va mieux et ça fait du bien… ♥

  1. Bonjour Plume.
    Je pense que ta question est très pertinente « et moi dans tout ça ? ». J’ai écouté une émission à la radio dans laquelle il se disait que l’on pouvait souffrir d’un manque d’identité. J’ai l’impression que cette explication pourrait correspondre à ce que tu vis, non ? Tu aimes tes filles, tu adores vivre près d’elle, ce n’est pas le problème. Le problème c’est qu’il n’y a pas assez de toi toute entière parce que le toi en tant que leur maman prend toute la place !
    Je n’ai qu’un enfant, et je vis parfois une frustration terrible quand j’ai le sentiment de n’être qu’une mère. Quand j’ai le sentiment que mis à part m’occuper de mon enfant, je n’avance pas. Alors, je comprends un peu cet épuisement mental. Pour la fatigue physique, je crois que lorsque les enfants grandissent, c’est plus facile. Leur autonomie nouvelle aide beaucoup !
    Myriam.

    1. Bonjour.
      C’est exactement ça ! Je m’oublie un peu trop et parfois j’ai besoin de faire autre chose, de penser à mes besoins, mes envies.
      Je pense qu’il est important de ne pas se perdre en route. Alors je vais prendre le temps de noter mes pensées, mes envies, mes projets personnels,… ça ne peut que me faire du bien et surtout ça peut me motiver à concrétiser pas mal de choses ! 😉
      Merci pour ce commentaire.

  2. Ton article me parle énooooormément! Etre maman c’est tellement fatiguant. On est en constante sur-vigilance et on est constamment sur-sollicitée, donc forcément, le mental (le physique aussi mais surtout le mental), est vite totalement saturé! Saturé, c’est ça. J’ai l’impression de passer ma journée à répondre aux besoins des autres, que tout va de mon sens vers les autres (mes enfants le plus souvent bien sûr!) et que je ne constate rien qui vienne dans l’autre sens, c’est à dire vers moi!
    Je me dis souvent: j’adore mes enfants, je les boufferais d’amour tellement je les aime, pourtant au quotidien je n’arrive pas à profiter à fond d’eux parce que je suis sous stress tout le temps, et, le seul véritablement moment où je suis reposée (et encore pas à chaque fois), c’est lorsqu’ils dorment tous les deux dans notre maison. Là, je les sais tranquilles, en sécurité, près de moi, et en même temps ils ne me demandent rien!

    1. Tu décris très bien cet état. J’ai pris le temps de me poser, de mieux m’organiser aussi et ça fait du bien. La grande à l’école la journée, la petite qui va mieux et déjà je respire. Bon je vais reprendre le boulot et la course va reprendre mais je vais m’imposer quelques rituels rien que pour moi. Tu devrais tenter aussi ? 😉
      Et pour la nuit… nous ne dormons pas non plus sur nos deux oreilles quand nous sommes mamans. 😉
      Bises.

  3. J’approuve complètement je suis d’accord en tout point avec toi et moi aussi j’en ai parfois envie de crier « et moi dans tout ça »
    On s’oublie un peu quand on est Maman nos besoins passent au 2eme voire même 3ème plan… pas évident!

  4. Cela fait plusieurs années que je me consacre à mes enfants, et clairement, c’est très difficile au quotidien. J’ai commencé à souffler un peu quand le deuxième a été à la halte garderie 2 matinée par semaine. Mais il avait déjà 18 mois…

    Virginie

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