Grossesse & Parentalité

BABI : vos expériences.

Comme j’en parlais dans mon dernier article Nos filles aux besoins intenses, j’ai voulu vous laisser la parole au sujet de vos BABI (Bébés Aux Besoins Intenses) et plus généralement sur votre vécu.

J’ai donc regroupé vos retours en trois catégories : votre vécu, vos conseils et le regard des autres.

Merci aux mamans qui se sont prêtées au jeu (les témoignages sont totalement anonymes, comme promis !). N’hésitez pas à partager votre expérience en commentaire si vous le souhaitez.

BABI : votre vécu.

« Ici il ne supportait pas qu’on le pose, il avait constamment besoin des bras mais pas de l’écharpe il détestait ça. Il était hyper tonique, hypersensible, les nuits il pouvait hurler sans savoir pourquoi.
On a tout essayé, rien en marchait. Du coup il m’oppressait parce que je ne savais pas comment aller se passer les journées.
A 2 ans et demi maintenant il reste toujours hypersensible, il a peur de tout même des arcs en ciel, il déteste le contact (les câlins sont hyper rares) mais il a besoin de moi tout le temps.
C’est vachement contradictoire et vachement déroutant.
 »

« Il est beaucoup à bras, dort peu, a besoin de beaucoup bouger, est très très maman, il a besoin de beaucoup de câlins. Bref il demande énormément d’attentions.
Et l’entourage, ils ne comprennent pas c’est sûr, pour eux ça devrait être une éducation à la dure. J’ai déjà essayé de le laisser pleurer mais ça ne sert à rien, au contraire.
BABI que j’aime mais qui m’épuise. »

« Mais si c’est tout plus intense dans la vie de tous les jours, ça l’est aussi avec les émotions et parfois les câlins ! »

BABI : vos conseils.

Voici vos conseils. J’ai mis en haut de la liste ceux qui sont revenus le plus souvent.

Utiliser un / des moyens de portage.

Trouver celui (ou ceux) qui vous correspond le mieux : écharpe, porte-bébé physiologiques,… Le choix est vaste et vous devriez pouvoir trouver votre bonheur. N’hésitez pas à demander les conseils d’une conseillère en portage.

La patience.

C’est bête à dire mais c’est primordial… Lâchez prise et soyez patients : tout finit par passer et/ou s’améliorer.

Ne pas chercher de solution.

«Ne pas chercher de solution : à un moment je ne faisais que ça et ça a dégradé notre relation. Accepter ce qui doit l’être mais pour autant parfois dire pause. Ils ne s’en sentiront pas forcément abandonnés et surtout ça contribue à une bonne relation »

Je rajouterai ne pas chercher d’explication car cela va pousser à un comportement que toutes les mamans connaissent trop bien : culpabiliser pour tout.

Ne pas écouter les mauvais conseils et les remarques.

Ce conseil peut s’appliquer un peu à toutes les situations, mais dans ce cas il convient parfaitement. Personnellement, à chaque fois que j’ai tenté « autre chose » à cause des remarques / conseils venant de l’extérieur, rien ne s’est amélioré. Au contraire, dès que j’allais à l’encontre de ce que je pensais être bon pour mes filles, les choses se sont dégradées.

Se faire confiance.

Ce conseil va de paire avec celui du dessus.
Se faire confiance permet de ne pas culpabiliser sans cesse, de ne pas douter de vous.
Se faire confiance permet aussi de laisser glisser les remarques. Vous êtes les meilleurs parents pour vos enfants. Ce que fait Géraldine avec sa fille est très bien mais ne conviendra probablement pas à votre enfant, à votre relation et à vous même.

Répondre à ses besoins.

Peut être que ça peut sembler évident. Mais non. Lorsque tout le monde vous répète que vous le laissiez un peu pleurer ça irait mieux, il arrive un moment où ce n’est plus si évident.
Un BABI ne va pas se calmer seul, sa détresse va augmenter et il va être bien difficile de le calmer après ça !
Je ne dis pas qu’il faut courir au moindre bruit, ni vous empêcher de vivre pour répondre immédiatement et en non-stop. Vos besoins existent et il ne faut pas l’oublier. Il apprendra petit à petit à patienter à condition qu’il apprenne que vous avez compris et que son besoin sera comblé dès que vous êtes disponible.

Présence du grand.

La présence du grand frère, de la grande sœur est souvent rassurant. Hors de question de donner un rôle à l’aîné(e) qui n’est pas le sien bien entendu… Mais sa simple présence va souvent réduire l’angoisse.

Du relais (maternant pour être serein) pour souffler.

Le relais est essentiel à mon avis.
Il est arrivé des jours où j’avais envie de m’enfuir simplement. Être sollicitée en permanence, jour et nuit, était devenu trop lourd, trop oppressant.
Demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse, cela vous permettra simplement de retrouver votre bébé / vos enfants sereinement.

Lire sur le sujet.

Bravo c’est ce que vous faites ! Mais ne vous arrêtez pas là. 😉
Farfouillez un peu sur le net, dans les bouquins (vous en avez à conseiller en commentaire ?). Les expériences similaires à la votre vont probablement vous remonter le moral !


« Même si c’est compliqué on le fait toujours passer avant nous car nous sommes les adultes et lui c’est un enfant. Il y en a beaucoup qui nous disent qu’ils ne pourraient pas faire comme nous mais on voit que J. a de fortes angoisses alors si on ne le rassurait pas, si on le laissait pleurer dans un coin, ça serait encore pire je pense. Ce n’est pas simple tous les jours, mais on fait au mieux. Ce n’est qu’une courte période de notre vie. C’est un peu comme un réservoir d’essence : s’il est en réserve tu n’avanceras pas bien loin. C’est à nous de remplir son réservoir au maximum pour qu’il a aille le plus loin possible et qu’un jour il puisse le remplir sans nous. »

Le regard des autres.

« Je voudrai parler de ceux qui ne connaissent pas ces besoins intenses, qui ne le comprennent pas. Ici tout est de la faute de l’allaitement. Bin oui, à 14 mois tout de même ! ou alors je l’écoute trop, je devrai la laisser pleurer une bonne fois puisque sinon je ne m’en sortirai pas… ce qui m’aide à prendre du recul, c’est l’analyse du médecin qui fait office de pédiatre. Pour lui, la cause du fonctionnement de ma fille vient du cauchemar qu’a été sa naissance. […] Mon médecin connait le terme BABI, il est dérangé par le fait de vouloir poser un « diagnostic » sur ces bébés mais ne contredit pas la description qui en est faite au niveau du fonctionnement. Il fait parti des médecins à pouvoir répondre « il faut que tu répondes à chacune de ses demandes. Si c’est 20 réveils, c’est 20 câlins/tétées. Sinon tu risques d’accroître son angoisse. ». Avoir un BABI c’est épuisant. Etre jugés en permanence aussi. J’aimerai juste être comprise, soutenue et parfois soulagée de cette fusion avec ma fille. Avec le temps, elle prendre confiance, j’en suis certaine. »

Paroles négatives entendues :

J’avoue que suis choquée de la violence (et de la bêtise) de certaines paroles…

Tu es esclave de ton enfant.

Laisse-la pleurer.

Si tu ne l’avais pas allaitée aussi longtemps, elle arriverait à se détacher de toi.

C’est à cause de l’allaitement. 
(faux et archi faux ! plusieurs m’ont dit avoir arrêté l’allaitement à cause ça et évidement pour rien !)

Un enfant ne doit pas décider de quand il a sommeil, c’est à ses parents de décider.

Tu la portes trop, ce n’est pas bon pour la motricité.

Ce sont des caprices (2 mois).

Tu les couves trop.

Il te manipule.

T’aime ça en fait.

Si tu le prends trop, il va s’habituer et tu verras il ne dormira jamais sans toi.

Elle a tout compris : elle te manipule.

A ta place, je lui collerai une bonne branlée !

Tu vas en faire un homosexuel.

Et à 15 ans, il te foutra sur la gueule.

Paroles positives :

Elle est encore petite, c’est normal. Elle en a besoin.

C’est vrai qu’il te demande beaucoup et qu’il ne te lâche pas » discuter avec des gens qui vivent la même chose

Fais-toi confiance.

« Aucune : j’ai trouvé du réconfort dans mes lectures »


Pour aller plus loin.

Enfin, cet extrait de La Maison Des Maternelles m’a beaucoup touché. J’aurai pu mettre les mêmes mots sur mon quotidien. Voir que ces mamans-là traversent la même chose m’a fait du bien, m’a redonné confiance. Je vous invite à regarder cette vidéo qui donne en plus quelques explications probables.

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