Tu as 2 ans et demi.

Tu as deux ans et demi même si tu insistes avec tes « Non ! J’ai deux ans !« . Quelle différence après tout ? Tellement…

En quelques mois tu as beaucoup changé, même si ce n’est pas visible au premier regard. Tu as le comportement d’une grande, les attitudes d’une grande et les questionnements d’une grande. En fait, tu m’impressionnes. Est ce que ce sont les hormones ou la fierté d’une maman ? Je ne sais pas mais tes « évolutions » me font souvent monter les larmes aux yeux. Tu t’en rends peut être compte lorsque je te serre très fort contre moi, peut-être pas.

Les nouveautés.

Lorsque tu fais une « bêtise » que je me fâche ou que je suis trop fatiguée pour être assez patiente avec toi, tu viens me faire un câlin et tu m’expliques que tu es gentille et que tu m’aimes. Je le sais ma fille, tu es ma perle rare. Mais la grossesse me fatigue, la chaleur aussi et c’est toi la première victime de mon manque de patience. Pardon.

Dès qu’on sort, tu regardes tout, pose des questions sur tout ce que tu vois. Ta curiosité ne faibli pas avec le temps et l’acquisition du langage semble te pousser encore plus en avant.

D’ailleurs parlons en du langage ! Tu enregistres tellement de choses sans le montrer et puis un jour, sans crier gare, tu sors un mot ou une phrase banale mais qui semble sublime dans ta bouche. « On va regarder la météo ? », « c’est extraordinaire ! »,… Bon, tu nous répètes aussi TOUS les gros mots que tu entends et tu les utilises merveilleusement bien… hum…

Les mots n’ont pas beaucoup de secret pour toi et si tu ne comprends pas tu demandes à ce qu’on t’explique. J’adore. Mais en plus, tes phrases sont de plus en plus longues, bien construites et d’une logique sans faille ! Une logique parfois bien à toi, mais ça cogite vachement dans ta petite tête !

Du coup, tes jeux ont évolués en même temps. Tu inventes des histoires, fais vivre des aventures à tes bonhommes ou prend soin de tes bébés comme une petite maman. Les jouets de tonton M. sont une mine d’or pour toi. Les dinosaures côtoient la reine des neiges dans le château du chevalier. Tu fais la bagarre avec ton gros nounours, tu fais à manger avec ta dînette et la vraie vaisselle, simules des séances de sport ou de kung-fu et me parle de manga…

Le yoga est devenu naturel pour toi et j’aime bien ça. Lorsque j’ai la flemme tu me motives, lorsque c’est trop mou tu me proposes des postures qui t’intéressent,…

Tu nages seule avec les brassards. Au début, tu ne te décrochais pas de nous, une vraie arapède. Je t’ai donné mon manque d’assurance, oups. Tu prends le temps, tu découvres et puis tu te lances et nous lance des « Noooon ! C’est moiiiii tout seule !« .  Bravo !

Tu as gagné en autonomie. La grossesse m’empêchant de te porter, j’ai du arrêter de te couver et t’aider à devenir plus autonome. On a enlevé la barrière de ton lit, tu as adoré ! Après quelques rares moments de flottement, tu vas maintenant te coucher seule, tu nous préviens quand tu te lèves,…

En contrepartie de tout ce que tu fais seule, tu me redemandes de te donner à manger. J’accepte ce deal dont on n’a jamais parlé. Tu deviens grande, tu n’es plus un bébé mais tu joues au bébé.  Grandir, imaginer un bébé bientôt parmi nous,… ça ne doit pas être simple pour toi ! Tu me demandes à ce que je m’occupe de toi comme un bébé, que je te donne le biberon rarement, que je te câline comme un bébé,… Évidemment je n’y vois pas d’inconvénient ! Mais j’en profite pour te rappeler tout ce que tu peux faire contrairement aux bébés, tous les avantages que tu as à être une « grande fille ».

Tu veux aussi t’imposer, imposer tes choix. Les journées sont parfois un peu dures lorsque tu n’en fait qu’à ta tête et fais tout le contraire de ce que je dis. Mon manque de patience est encore coupable, au lieu de chercher des alternatives je hausse le ton, tu fais de même et on se fâche pour rien. C’est dommage. Tu as l’âge et le droit de vouloir prendre des décisions et te démarquer de nous, mon rôle est de t’aider, te permettre de le faire et non pas de me fâcher.

Mais comme toi, je mûris. J’accepte de faire des erreurs, d’être moins bienveillante que je le voudrai parfois. Je culpabilise quelques temps puis je m’excuse quand il le faut, tu n’as pas l’air de m’en vouloir en fait. Je suis humaine après tout et tu vois mes failles, j’espère que tu apprendras à accepter les tiennes car il m’a fallu beaucoup de temps et de travail pour en arriver là.

La propreté.

Je m’étais imaginé une période difficile, je n’osais pas te dire que l’école n’acceptait pas les couches de peur de te mettre la pression,… J’étais dans le faux. En revenant de la réunion de l’école je suis rentrée inquiète. Tu seras la plus petite et on te demande d’être propre, autonome,…

Alors le soir, après que tu aies été triste que je ne t’ai pas amenée à l’école avec moi, je t’ai expliqué que la maîtresse ne voulait pas de couches à l’école. Je t’ai dit que le lendemain on essaierai  de mettre une culotte et de faire pipi dans le pot. Cette fois tu étais d’accord. Tu as été propre en si peu de temps ! Il y a eu quelques accidents, uniquement à la maison lorsque tu es fatiguée. Pour la grosse commission, tu as encore des difficultés, mais je te fais confiance ça viendra.

En fait, je crois qu’il te fallait une motivation pour accepter de grandir encore un peu plus. Aujourd’hui, tu es fière de porter de belles culottes (et de te déshabiller à longueur de journée).

En septembre, l’école.

Je me demande aussi comment se passera ton entrée à l’école. Je sais que tu es motivée, que tu as envie d’apprendre, que tu es curieuse et sociable. Mais je sais aussi que tu es sensible, que tu as besoin d’être rassurée et entourée. Ce qui m’inquiète le plus reste ton empathie : tu ne joues plus lorsque des enfants pleurent, tu restes saisie lorsqu’un adulte crie ou puni un autre enfant. J’espère que ta maîtresse et le personnel seront bienveillants et à l’écoute malgré ta future classe de quasi 30 enfants…

La séparation sera probablement difficile. Mais je sais que si la maîtresse est à l’écoute, que tu prends plaisir à aller à l’école et à retrouver tes copains tu accepteras sans trop de soucis. J’espère aussi qu’on ne te jugera pas, qu’on ne te fera pas de réflexion les fois où tu échoueras. Car l’échec fait parti de l’apprentissage, même si tu détestes ça.

En novembre, la vie à quatre.

J’ai tellement d’appréhension vis à vis de l’arrivée de ta petite sœur… Pourtant ce bébé tu dis l’aimer, tu le câlines au travers de mon ventre. Tu t’inquiètes parfois de savoir si elle me fait mal lorsque j’ai des contractions, si tu lui fais mal lorsque tu m’escalades,.. Tu demandes souvent à la voir, le temps doit te sembler tellement long et l’idée de ce bébé si abstraite !

Je me demande si tu seras jalouse, si ce sera facile. Je me demande si tu seras aussi jalouse que du chat qui n’a pas le droit de me faire des câlins. Ou alors si tu accepteras de m’aider et aura l’envie de t’en occuper comme lorsque je garde des bébés ou que je m’occupe de ta cousine.

Hier, je t’ai proposé de la sentir bouger. J’ai mis ta main sur mon ventre et je t’ai demandé si tu sentais… et tu as reniflé mon ventre. Mon cœur s’est serré fort et j’ai rit. « Tu rigoles maman ? C’est moi qui est rigolo ? » Oh oui ma princesse… Tu es rayonnante et tu sèmes chaque jour des miettes de bonheur.

Comme toutes les futures mamans déjà mamans (je crois ?) je me demande si j’aimerai ta sœur autant que toi. Mais plus le temps passe, plus je l’aime déjà. Je me demande aussi si on conservera notre relation dont je suis si fière et si tu trouveras la vie à quatre aussi jolie.

COntinue de grandir mais prend ton temps…

Chaque jour, tu grandis et tu nous fais grandir avec toi. Nous sommes si fiers de celle que tu es… Lorsqu’on souffle après que tu te sois endormie, on parle souvent de toi. On rit de tes bêtises ou de tes phrases amusantes, on se pose des questions et on finit toujours par un « ma boulette… » amoureux. Parce que même si tu ne fais plus 50cm et 2kg900, tu resteras à tout jamais notre boulette, celle qui a fait de nous des parents et une famille.

6 réflexions sur “Tu as 2 ans et demi.

  1. dit :

    Pfiou le saut de 3 ans en arrière ! C’est super émouvant quand tu parles de ta fille, on sent tout l’amour que tu lui portes et elle est tellement attendrissante ! Tu as raison, en 6 mois je trouve qu’ils changent énormément à cet âge. Je suis sure que pour nos bébés, l’entrée à l’école se fera sans (trop) de soucis. En attendant, profite de ces moments de douceur, et essaie de ne pas trop t’en vouloir quand la patience vient à manquer… Bisous.

  2. Maman Nouille dit :

    Comme il est joli le portrait que tu fais d’elle et de votre relation.
    Je te rejoins dans ta culpabilité de maman fatiguée (desolee mais ça ne s’arrange pas avec la naissance du deuxième ) mais au moins on les laisse un peu grandir du coup et c’est parfait pour l’autonomie 😉

    • Famille Plume dit :

      Oui je me doute que ça n’ira pas en s’arrangeant… Mais je grandis en même temps qu’elle et j’apprend à mieux gérer mes émotions et les siennes ! 😉 Merci !

  3. mamansurlefil dit :

    Un joli billet très émouvant ! On sent tout l’amour et toute la tendresse que tu portes à ta fille… Mes loulous ont à peu près le même écart qu’auront les tiens et la grossesse n’avait pas été de tout repos… Les débuts à 4 non plus d’ailleurs, mais maintenant cet écart d’âge est génial…

    Bonne soirée

    Virginie

    • Famille Plume dit :

      Merci ! Je sais que tout ne sera pas tout rose ni très reposant ! Mais le double d’amour vaut bien la moitié du repos ! Hi hi !

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